lundi 13 décembre 2010

Allez les mages !, Terry Pratchett, 2010.

Broché: 528 pages
Editeur : L'Atalante (21 octobre 2010)
Collection : La Dentelle du Cygne
ISBN-10: 2841725219
ISBN-13: 978-2841725212

A Anhk-Morpork, le seigneur Vétérini a décidé d'autoriser le fouteballe, et les mages de l'université invisible, qui sont censés avoir une longue tradition sportive, sont désignés volontaires pour créer des nouvelles règles. Ce sport pourrait ainsi susciter l'engouement de la foule, qui se livrait jusque là régulièrement, à la violence populaire au sein de la bouscule.
Trev Probable, le fils d'un ancien foutaballeur et allumeur de bougie de l'université, Daingue, un jeune orque qui n'arrache pas la tête des gens, Glenda et Juliette, des cuisinières de nuit de l'université organisent les conditions de la réussite attendue, de la nouvelle idée de Vétérini.
Pas le meilleur des Pratchett, mais le sujet choisi ne laissait que peu d'espoir. Rincevent est désormais professeur mais bien peu de lignes lui sont consacré.

mardi 30 novembre 2010

Roméo et Juliette, Shakespeare, 1597.

Poche: 275 pages
Editeur : Flammarion;
Édition :
[Ed. bilingue] (23 novembre 1993)
Collection : Garnier Flammarion / Théâtre bilingue
ISBN-10: 2080706691
ISBN-13: 978-2080706690

La pièce la plus populaire de Shakespeare constitue cependant une tragédie un peu déséquilibrée, entre une longue partie comique et un dénouement plus tragique. Il s'agit d'une œuvre de jeunesse et le mélange des genres n'est pas encore exploité à des fins dramatiques comme ce sera le cas pour Othello, Hamlet ou Mac Beth.
L'édition GF comprend le texte original et la traduction versifiée de Pierre-Jean Jouve, ainsi que des notes pour les jeux de mots intraduisibles.

lundi 8 novembre 2010

Guillaume Apollinaire, L'Enchanteur pourrissant, 1909.

Broché: 246 pages
Editeur : Editions Flammarion (2 janvier 1980)
Collection : Poésie
ISBN-10: 2070319482
ISBN-13: 978-2070319480

Œuvre de jeunesse qui n'a pas rencontré un succès immédiat, le poème lyrique d'Apollinaire est un glose conçue à partir de la légende de Merlin, au moment où celui-ci succombe à la ruse de Viviane et se retrouve prisonnier de son tombeau.
Les habitants de la forêt et plus généralement du monde, défilent alors devant le tombeau et cherchent à entrer en communication avec l'enchanteur. Viennent les animaux, puis les hommes de la forêt, les bêtes mythiques, les illustres mythologiques et bibliques. Le poème se termine sur l'échange entre la Dame du Lac et l'enchanteur mort.

mercredi 27 octobre 2010

Ivan Gontcharov, Oblomov, 1858.

Poche: 568 pages
Editeur : Editions Gallimard (8 mars 2007)
Collection : Folio Classique
ISBN-10: 2070429288
ISBN-13: 978-2070429288

A l'image de Lermontov, Gontcharov est un auteur fondateur de la littérature russe, reconnu par ses pairs, par Tourgueniev et par Dostoïevski, mais qui ne semble pas avoir eu, en France, l'impact qu'il méritait. Le roman Oblomov est quasiment le seul à avoir été édité en poche, alors qu'il correspond à dix ans de travail de l'auteur, qu'il est dense et plus profond que les nouvelles de Tourgueniev.
Il se structure en quatre parties peu équivalentes. La première évoque la matinée d'un barine flemmard qui ne parvient pas à se lever, alors qu'il doit régler deux problèmes : son plan pour régler idéalement son domaine et un déménagement imminent. Il reçoit régulièrement la visite de solliciteurs ou autres parasites et prend feu contre son serviteur Zakhar. Cette première partie s'achève sur le rêve d'Oblomov (p.147) qui décrit son enfance dans l'Oblomovka, le domaine familial, où tout est lent, où la vie est rythmée par le passage des saisons et par les repas.
Dans la deuxième partie, Stolz, le seul véritable ami d'Oblomov, l'exhorte à se lever et à entamer les démarches qu'il remet toujours au lendemain. C'est grâce à lui, qu'il rencontre Olga Sergueïevna dont il tombe éperdument amoureux. Leur intimité progresse malgré la poésie de ces moments que voudrait absolument conserver Olbomov. Au final, Olga cède et Oblomov se promet de changer de vie.
Dans la troisième partie, Oblomov souffre des rumeurs qui tournent autour de lui, alors qu'il est pret à demander Olga en mariage. Mais celle-ci repousse pour un temps son offre alors qu'elle l'aime afin qu'il se redresse, mette de l'ordre dans ses affaires et change tout à fait de vie. Mais le jeune idéaliste ne peut vaincre sa nature et à la fin, il tombe gravement malade lorqu'il se rend compte que sa vie rêvée n'est pas possible avec Olga.
Enfin, la quatrième partie constitue un épilogue, où Stolz lui vient en aide une nouvelle fois, lui qui s'est marié avec Olga. Mais c'est trop tard pour Oblomov, il ne changera pas son style de vie, d'autant plus qu'il a maintenant sa propiétaire comme femme dévouée. Il a reproduit l'oblomovka à Petersbourg. Il meurt d'une attaque. La scène finale présente Stolz qui retrouve par hasard Zakhar qui est désormais un mendiant.
Plus qu'un hymne à la paresse, Oblomov est une critique de la société, des divertissements futiles, de l'histoire et de la politique conçues comme des sujets de discussion. Même amoureux, le personnage ne supporte pas de devenir lui-même un sujet de conversation et préfère finalement des petits bonheurs sans retentissement à une passion tumulteuse.

dimanche 3 octobre 2010

Jean-Claude Grumberg, Zone libre, 1990.

Poche: 160 pages
Editeur : Flammarion (24 mars 2010)
Collection : GF Etonnants classiques
ISBN-10: 2081207060
ISBN-13: 978-2081207066

Pièce en dix scènes sur l'idée originale d'un homme qui accueille une famille de juifs pendant l'occupation puis qui hébergera des allemands après la guerre. Malheureusement, l'idée n'est pas exploitée, les personnages n'ont aucune épaisseur et même aucune cohérence. Le tout se concentre sur la famille juive qui ne présente rien d'original du point de vue du caractère, des idées et encore moins de la mise en scène.

samedi 25 septembre 2010

Jean Giono, Les Ames fortes, 1950.

Poche: 384 pages
Editeur : Gallimard (mai 2010)
Collection : Folio
ISBN-10: 2070362493
ISBN-13: 978-2070362493

Le roman de Giono prend la forme d'un récit à plusieurs voix entrepris par de vieilles femmes, lors de la veillée funèbre d'un de leurs voisins. Après des constatations sur le mort, les mœurs actuelles, la narration commence réellement (p. 56) par les souvenirs de Thérèse, l'ainée des vieilles femmes. Elle évoque surtout sa fuite amoureuse avec Firmin puis leur installation à l'auberge de Châtillon. Ensuite, le récit se concentre sur les personnalités de madame et monsieur Numance, que Thérèse présente comme deux originaux.
L'histoire est interrompue (p.120) par une autre vieille qui corrige les souvenirs de Thérèse en parlant du bastringue qu'elle a fondé à Clostre, en évoquant des aventures peu reluisantes et enfin, en détaillant le portrait d'une Thérèse fascinée par madame de Numance, entrée à son service et se liant à elle d'un amour filial, du moins en apparence, pour mieux parvenir à ruiner le couple avant de fuir.
L'histoire est reprise et conclue par Thérèse (p. 272) qui revient sur ces habitudes à l'auberge, avec des paroles plus confuses et un vocabulaire local.

Tout le charme du roman provient du jeu des point de vue mais la deuxième partie est presque lyrique; les changements de ton peuvent perturber d'autant plus que chaque narration est assez longue et qu'il est difficile de se souvenir de ce qui avait été évoqué auparavant.

samedi 4 septembre 2010

Victor Hugo, Claude Gueux, 1834.

Poche: 151 pages
Editeur : Flammarion (14 avril 2010)
Collection : GF-Dossier
ISBN-10: 2081231492

Court récit qui poursuit l'idée maîtresse du Dernier jour d'un condamné et, dans une certaine mesure, qui préfigure Les Misérables, l'œuvre est tirée d'un fait divers : un homme emprisonné tue le directeur à coup de hache. Dans la démonstration de Hugo, il devient un homme doux mais pauvre, qui a dû voler du pain pour nourrir ses enfants, qui se fait aimer en prison au point qu'un codétenu lui offre son pain. Mais, les gardes et le directeur jouent à l'humilier. Il assassine donc le directeur avec des ciseaux, le seul objet qui lui reste de sa femme. S'en suit une parodie de procès et une critique virulente du narrateur qui explique le geste et condamne la société.
Édition pourvu d'un dossier simple mais clair.

vendredi 27 août 2010

Alphonse Daudet, Fromont jeune et Risler ainé, 1874.

Relié: 350 pages
Editeur : Edito-Service (Suisse)

Ce roman bien difficile à trouver aujourd'hui eut plus de succès au moment de sa publication que les œuvres de Zola et des Goncourt. Cela peut s'expliquer par une intrigue plutôt haletante et des rebondissements bien trouvés, pourtant les personnages sont des clichés, leur psychologie est mal établie et certains revirements dans leur comportement restent inexpliqués ( changement total de Sidonie entre les deux premiers livres, intérêt soudain pour les personnalités de Claire et de Risler au dernier livre...) et donc artificiels.
L'histoire se déroule à Paris, à la fin du XIXe et tourne autour de quatre famille:
- les Fromont, aristocrates fermés sur eux-même (le jeune Fromont épouse sa cousine Claire)
- les Chèbe, famille pauvre dans laquelle, la fille, Sidonie aspire à un rang socialement plus élevé.
- les Risler, c'est-à-dire Risler ainé, associé de Fromont et son frère Frank
- les Delobelle, une femme et sa fille qui se sacrifient continuellement pour assurer le train de vie du père, l'artiste qui cherche désespérément un rôle au théâtre.
Sidonie fréquente les Fromont, rêve d'épouser le jeune fils mais à la mort de son père, ce dernier doit renoncer. La jeune femme ambitieuse décide d'épouser Risler ainé alors que tout le monde s'attend à ce qu'elle choisisse Frank. Dès lors, son train de vie devient celui des bourgeois. Son mari totalement naïf, cède à tous ses caprices, ne s'aperçoit pas qu'elle a fait de Fromont, son amant. Frank choisit de fuir, et quand il revient auprès de la fille Delobelle, qui l'aime éperduement, il la laisse espérer puis la déçoit, ce qui la conduit à se jeter dans la Seine. elle meurt des suites de son geste. Puis, Fromont ruine son usine pour sa maîtresse (qui a déjà un autre amant) et c'est au moment où il faut régler les comptes (où le motif du lutin bleu apparait p. 249) que Claire et Risler ainé apprennent qu'ils ont été trompés. Risler chasse Sidonie, vend tous ses biens et travaille dur pour rétablir l'entreprise. A la fin du roman, Risler aperçoit Sidonie, chanteuse dans une taverne et décide d'ouvrir le colis qu'elle lui avait envoyé: la lettre passionnée que lui avait envoyé Frank. C'est alors que Risler se suicide.
A retenir en particulier, Delobelle égoïste et aveuglé (p.235 par exemple)

mardi 24 août 2010

Albert Camus, Les Possédés, 1959.

Poche: 274 pages
Editeur : Editions Gallimard (28 janvier 2010)
Collection : Folio Théâtre
ISBN-10: 2070399257
ISBN-13: 978-2070399253

Dans cette adaptation du roman de Dostoïevski, les dialogues priment sur la psychologie des personnages. Les scènes sont des tableaux qui se succèdent parfois très rapidement. Enfin, la "confession de Stavroguine" (p.168) est rétablie alors qu'elle avait été censurée par l'éditeur de Dostoïevski.
Ainsi, les personnages principaux représentent des courants de pensées, caractéristiques de la fin du XIXe siècle, appelés à influencer tout le XXe siècle:

Ivan Chatov, chrétien qui attend la venue du second Christ qui sauvera la Russie.
Nicolas Stavroguine, ne porte pas d'étendard, mais sa position et son charisme en font un homme rare, qu'on recherche, mais qui porte en lui-même le terrible secret qui explique son attitude.
Alexis Kirilov, nihiliste, veut affirmer sa liberté en se suicidant.
Chigalev, partisan d'une partition de l'humanité entre dix pour cent de dirigeant et quatre-vingt-dix pour cent de soumis abêtis mais heureux (p.153).
Pierre Stepanovitch Verkhovensky, révolutionnaire sanglant qui prône l'anarchie comme fin en soi (p.146).
Fedka, pragmatique, tueur sans état d'âme.

jeudi 12 août 2010

Gustave Flaubert, Mme Bovary, 1957.

Broché: ~ 500 pages
Editeur : Editions Flammarion
Édition : Folio 804 (5 mars 1990),
préface et notice de Maurice Nadeau.

Plan du roman

Première partie :

I – Jeunesse de Charles, premier mariage avec une veuve.

II – La jambe cassée de Rouault, première rencontre avec Emma (p. 39), mort d’Héloïse.

III – Demande en mariage au père.

IV – Fête de mariage.

V – Emménagement à Tostes.

VI – Les lectures d’Emma, souvenirs du couvent (p.66).

VII – La vie avec Charles.

VIII : Une soirée à la Vaubyessard.

IX – L’ennui d’Emma, le plan de Paris.

Deuxième partie :

I – Yonville-L’Abbaye, le Lion d’or.

II – Arrivée du couple et repas avec Homais, conversation exaltée avec Léon (p.121).

II – Naissance de Berthe, sorties avec Léon et Homais.

IV – Ennui et résignation d’Emma.

V – Première visite de M. Lheureux.

VI – Tentative chrétienne, lassitude de Léon « d’aimer sans résultat » (p.165), son départ.

VII – Arrivée de Rodolphe (p.180).

VIII – Les Comices, promenade avec Rodolphe.

IX – Stratégie payante de Rodolphe, Flaubert se moque d’Emma (p.211), « j’ai un amant » (p.219).

X – Lettre du père, ingratitude de Rodolphe (p.227).

XI – Opération d’Hippolyte et ses suites.

XII – Nouvelles aventures avec Rodolphe, projets d’avenir.

XIII – La lettre de Rodolphe (p.266), sa fuite, ridicule de Homais pendant l’évanouissement d’Emma (p.273).

XIV – Maladie d’Emma qui cherche du réconfort dans la religion, sans grand succès.

XV – Représentation théâtrale à Rouen écourtée par la rencontre avec Léon.

Troisième partie :

I – Nouvelles amours avec Léon.

II – Les confitures de Homais, un prétexte pour retrouver Léon.

III – Trois jours avec Léon.

IV – Nouveau prétexte : les leçons de piano.

V – Emma à Rouen tous les jeudis.

VI – Ennui mutuel des deux amants, les affaires de M. Lheureux.

VII – La saisie, Emma cherche de l’argent en vain.

VIII – Démarche auprès de Rodolphe, l’arsenic (p.400), le docteur Larivière.

IX – La veillée, une joute entre Homais et le curé Boursinot.

X – L’enterrement.

XI – Epilogue (Homais publie à « mes » frais, p.437).

Le réquisitoire de l’avocat impérial Ernest Pinard, lors du procès de 1957, se fonde sur deux accusations : l’offense à la morale publique et l’offense à la morale religieuse. L’argumentation s’appuie sur le caractère lascif d’Emma tout au long du roman et sur quatre extraits en particulier :

· Celui qui passe pour « une glorification de l’adultère », lorsqu’Emma, après avoir succombé aux charmes de Rodolphe, s’écrie : « j’ai un amant ! » et la description du contentement et de la beauté d’Emma après cet adultère.

· Le secours qu’elle cherche auprès de la religion, après la fuite de Rodolphe, où les prières qu’elle formule sont considérées par l’avocat comme « les paroles adressées à l’amant dans les épanchements de l’adultère ».

· Les descriptions trop détaillées et jugées choquantes, lors des rencontres dans la chambre d’hôtel avec Léon. En particulier, les courbes d’Emma, sa fatigue après la volupté.

· La mort d’Emma et son rire effrayant alors qu’elle a reçu l’extrême-onction.

vendredi 30 juillet 2010

Le Pain des rêves, Louis Guilloux, 1942.

Poche: 496 pages
Editeur : Gallimard (6 juin 2008)
Collection : Folio 909

Roman quelque peu déroutant, lorsqu'on a lu Le Sang noir, car il est rédigé à la première personne et reste toujours essentiellement descriptif. Les souvenirs du narrateur se concentrent en effet sur son enfance pauvre et triste, à travers la figure du grand-père, travailleur infatiguable, peu locace et respecté dans la maison. Le style et le propos font penser à L'Enfant de Jules Vallès, mais le ton change dans la deuxième partie.
Après la mort du grand-père, la famille emménage dans un vrai appartement, reçoit la cousine Zabelle, personnage-cliché dans ses mœurs bourgeoises mais mais originale dans ses goûts (les disques sur cylindres) et ses envies (les cours qu'elle tente de donner au narrateur).
Ce dernier évoque alors son premier sentiment amoureux pour la jeune fille de la boutique de jouets, qui ne l'a d'ailleurs jamais remarqué.

A noter quelques passages brillants :
  • p.344 : le recul du narrateur empreint de lassitude qui considère l'époque de son enfance comme le temps des possibles.
  • p.409 : la déchéance de l'homme qui fait le deuil de ses idéaux et de ses aspirations à travers le portrait de Michel, ancien marin et mari de Zabelle.

samedi 3 juillet 2010

Correspondance, Stefan Zweig, 1932-1942.


Poche:
505 pages
Editeur : LGF (28 avril 2010)
Collection : Le Livre de Poche Biblio
ISBN-10: 2253129275
ISBN-13: 978-2253129271

Troisième volume de l'édition L.P., cet ouvrage choisit les lettres représentatives des dernières années de Zweig, depuis son départ de Salzbourg provoqué par une perquisition nazie à son domicile. Il part alors en Angleterre, cherche à obtenir la nationnalité et écrit surtout des biographies (Erasme, Montaigne ). Sévèrement touché par ce qui se passe en Allemagne, il décide de fuir la vieille Europe pour le Brésil, où mais son goût pour le pays, pour ses habitants, il sombre de nouveau dans une dépression qui le conduit au suicide.

Les lettres choisies ne parlent jamais directement des travaux en cours, elles évoquent plutôt les talents que Zweig repère pour son éditeur, des réflexions sur l'Europe, des tentatives pour alerter l'opinion ou encore des affaires plus privées.

Les correspondants les plus réguliers sont Romain Rolland, Ben Huebsch, Friderike Maria Zweig.

jeudi 1 juillet 2010

mercredi 30 juin 2010

Théâtre complet, Térence, - II s.

Poche: 358 pages
Editeur : Gallimard (10 octobre 1990)
Collection : Folio
ISBN-10: 2070383172
ISBN-13: 978-2070383177

Seconde dramaturge latin qui nous soit parvenu, Térence reprend ses sujets à Ménandre et les adapte au contexte de son époque. L'édition folio comprend six pièces complètes.

Dans La jeune fille d'Andros, Pamphile est amoureux de Clycère, enfant trouvée originaire d'Andros, et désire l'épouser. Il pense y parvenir grâce aux ruses de son esclave Dave. Mais Simon, son père s'y oppose un moment. Au final, Glycère est reconnue comme la fille de Chrémès, un ami de la famille.

L'Eunuque évoque l'histoire de Phedrion, jeune homme amoureux d'une fille qu'il croit pour un temps être la soeur de Thaïs, la courtisane. Alors, il fait semblant de courtiser cette dernière afin d'être auprès de sa bien-aimée. Il s'oppose ainsi à Thrason, un soldat fanfaron, et à son propre père Déméa. Chéréa, le deuxième fils, est attiré par une jeune servante de Thaïs. Il se déguise en eunuque pour la violer, l'épouse ensuite lorsqu'il apprend qu'elle est citoyenne.

L'Héautimoroumenos (le bourreau de soi-même en grec) est une pièce bien comlpliquée à suivre. Ménédème raconte son malheur à son voisin Chrémès: le vielliard a contraint Clinca son fils, à étre soldat pour l'éloigner de sa maîtresse Antiphilia, mais il regrette de s'être montré si dur. En réalité, Clinia est de retour et il se cache chez Clitiphon, le fils de Chrémès. Des ruses complexes qui mêlent Syris, l'esclave intriguant, Bacchis la courtisane maîtresse de Clitiphon, mène finalement à la reconnaissance d'Antiphilia qui est en fait la soeur de Clitiphon. Clinia peut donc se marier mais Clitiphon est puni: on ne lui donne que le droit dépouser une jeune fille libre.
A noter la tirade sur le conflit entre génération acte II, scène 2 (p.143).

Il est ainsi amusant de remarquer à quel point les intrigues et les personnages de la comédie classique française reprennent ces modèles latins, mais l'humour est bien moins efficace ici que chez Plaute, tout comme pour les grecs, Ménandre est moins drôle qu'Aristophane.

lundi 31 mai 2010

Pierre et Jean, Maupassant, 1887.

Poche: 189 pages
Editeur : Flammarion (3 juin 1999)
Collection : Garnier Flammarion / Littérature française
ISBN-10: 2080710702
ISBN-13: 978-2080710703

Ce bref roman évoque une période de deux mois de la vie d'un famille bourgeoise : le père, la mère et les deux fils, Pierre le docteur et Jean, jeune avocat qui hérite d'un certain monsieur Maréchal, ami de longue date de la famille.
L'auteur adopte fréquemment la focalisation interne qui permet au lecteur de suivre les réflexions de Pierre, d'abord jaloux de la fortune de son frère, puis craintif à l'idée que Jean puisse être le fils de Maréchal, et enfin honteux que sa mère ait pu être une épouse infidèle.

Même s'il préfigure le roman psychologique, le récit de Maupassant n'illustre que très partiellement la fameuse préface de l'œuvre laquelle prône la liberté dans la création, dans l'expérimentation, demande au critique de ne pas chercher absolument à relier une œuvre à une école littéraire mais de saisir le "tempérament" de l'écrivain. En effet, tout en défendant tous les courants, Maupassant bâtit ici une défense du réalisme basé sur l'identification en jeu au cours de la lecture.