lundi 20 juillet 2009

Ni d'Adam, ni d'Eve, Nothomb, 2008.


Broché: 244 pages
Editeur : Albin Michel (22 août 2007)
ISBN-10: 222617964X
ISBN-13: 978-2226179647

Encore un "roman" pseudo-autobiographique, très court, qui évoque tous les clichés nippons qui viennent à l'esprit en dix minutes. Le tout est servi par une prose faussement travaillée (depuis trois livres, l'auteur s'est découvert une passion pour les relatives apposées) et par des envolées lyriques comiques par leur grandiloquence.
A oublier vite.

dimanche 5 juillet 2009

Dictionnaire des idées reçues, Flaubert, 1910 (posthume).


Poche: 250 pages
Editeur : LGF - Livre de Poche (1 avril 1997)
Collection : Classiques de poche
ISBN-10: 2253098361
ISBN-13: 978-2253098362

L'ouvrage, très bref, était destiné à exposer les idées ridicules, bourgeoises du XIXème et devait comprendre une préface hautement satirique. Le volume aurait aussi pu s'insérer dans Bouvard et Pécuchet, au titre d'intermède ou comme exemple de production des deux savants.
La publication de cette œuvre a sûrement été rendue nécessaire par le nombre importants de thèses fumeuses qui ont été proposées au cours du XXème, mais le lecteur n'y trouve rien de très croustillant; mieux vaut lire la correspondance.
La présente édition est très érudite, mais le texte en lui-même, qui comprend les ratures des manuscrits, est souvent illisible.

jeudi 2 juillet 2009

La Machine infernale, Cocteau, 1932.


Poche: 126 pages
Editeur : LGF - Livre de Poche (1 janvier 1992)
ISBN-10: 2253009164
ISBN-13: 978-2253009160

La pièce reprend les éléments du mythe d'Oedipe qui furent retenus par Sophocle dans Oedipe roi et isole quatre grands moments dans des actes espacés par des années : la mort de Laios, le Sphinx, la nuit de noce, Oedipe roi.
Cocteau prétend "dépoussiérer" le mythe antique en reprenant une sorte de Coryphée à l'antique, en utilisant des effets spectaculaires, et en développant les personnages de Tirésias, du Sphinx et d'Anubis.
Le tout est grandiloquent et semble parfois grossier comparé aux oeuvres d'Anouilh et de Giraudoux.

lundi 29 juin 2009

En attendant Godot, Beckett, 1948.


Broché: 124 pages
Editeur : Editions de Minuit (31 décembre 1995)
Collection : Théâtre
ISBN-10: 2707301485
ISBN-13: 978-2707301482

Samuel Beckett s'est interdit toute interprétation définitive de l'oeuvre, cependant il est possible d'y voir un monde irrationnel dans lequel des personnages tentent d'adopter des comportements raisonnables.
La question du salut de l'homme face à l'absurde est laissée en suspend contrairement à ce qui émane des oeuvres de Camus. Pourtant, il est très tentant d'assimiler Godot à Dieu, de voir dans le soliloque de Lucky, des réponses aux questions d'Estragon et de Vladimir. Le personnage de Pozzo reste très problématique.

mercredi 24 juin 2009

Amélie Nothomb, Stupeur et Tremblement, 1999.


Poche: 186 pages
Editeur : LGF - Livre de Poche (1 juin 2001)
ISBN-10: 2253150711
ISBN-13: 978-2253150718

Résumer un livre aussi court présente peu d'intérêt. L'ouvrage décrit la vie d'une expatriée dans le japon de l'entreprise, mais le cadre reste pâle et les particularités de la culture nippone sont bien moins développées que dans Métaphysique des tubes.
Ce texte s'apparente bien plus à la nouvelle qu'au roman et le masochisme du personnage central n'a rien de culturel, il est insupportable de niaiserie.

lundi 22 juin 2009

Manon Lescaut, Antoine Prévost, 1731.


Broché: 272 pages
Editeur : Flammarion (18 août 2006)
Collection : GF
ISBN-10: 2080712985
ISBN-13: 978-2080712981

Largement inspiré des Illustres Françaises de Challe, le roman s'inscrit comme un développement des Mémoires et aventures d'un homme de qualité. Le narrateur principal s'efface (p.55) pour laisser le chevalier Desgrieux raconter sa rencontre avec Manon, puis sa première infidélité, leur vie à Paris, leur fuite face à M de G... M... , leur complot visant le fils de ce dernier, jusqu'à leur exil en Louisiane et la fin tragique de Manon.
Le libertinage peut-être étudié dans l'oeuvre, dans la mesure où Desgrieux rejette la morale traditionnelle, l'autorité paternelle, la foi religieuse pour se livrer totalement à sa passion. On trouve ainsi des réflexions sur les moeurs (p.119), qui sonnent comme les prémisses d'un libertinage plus assumé et plus systématique, qui sera à l'oeuvre chez Valmont ou chez Merteuil, dans Les Liaisons dangereuses.

jeudi 18 juin 2009

Les Liaisons Dangereuses, Choderlos de Laclos, 1782.


Broché:
549 pages
Editeur :
Flammarion (1 janvier 2006)
Collection : GF
ISBN-10:
2080712942
ISBN-13:
978-2080712943

Le roman est un corpus de lettres échangées essentiellement par la Marquise de Merteuil, le Vicomte de Valmont, la Présidente de Tourvel, Cécile Volanges, le Chevalier Danceny et dans une moindre mesure, par Madame de Rosemonde, tante de Valmont et par Madame de Volanges, mère de Cécile.
Les intrigues se trouvent mélées. Valmont tente de séduire Tourvel alors que Merteuil veut se venger de Gercourt, en pervertissant Cécile, sa promise, amoureuse de Danceny, avec le concours de Valmont, pendant qu'elle-même séduit Danceny, après avoir humilié Prévan. Tout se dénoue rapidement dans la quatrième partie, après la mort de Tourvel, abandonnée par Valmont sur ordre de Merteuil, Valmont meurt dans un duel qui l'oppose à Danceny. Cécile fuit dans un couvent alors que Merteuil subit une maladie qui la défigure, pert son procès et fuit en Hollande quand la société découvre ses actions passées.
Un roman épistolaire n'a pas de narrateur fixe, par définition, mais Laclos mystifie le lecteur et guide sa lecture par des notes d'éditeur ou de rédacteur. Ainsi dans l'avertissement, l'éditeur blâme l'auteur parce que son récit n'est pas vraisemblable: les "personnages qu'il met en scène ont de si mauvaises moeurs qu'il est impossible de supposer qu'ils ont vécu dans notre siècle". Au contraire, l'auteur affirme dans sa préface "rendre un service aux moeurs" en dévoilant "les moyens qu'emploient ceux qui en ont de mauvaises pour corrompre ceux qui en ont de bonnes".
A noter, Tourvel qui tombe dans le piège d'une charité feinte par Valmont (XXII), Prévan qui illustre le type de séduction libertine (LXX) et qui sera châtié par Merteuil, la leçon d'écriture donnée en théorie par Merteuil (CV) et en pratique par Valmont (CXVII), les changements de résolution de Tourvel qui s'avour finalement vaincue par Valmont (CXXVIII).

vendredi 29 mai 2009

La Terre, Zola, 1887.

Relié: 1812 pages
Editeur : Gallimard (12 novembre 1966)
Collection : Bibliothèque de la Pléiade
ISBN-10: 207010592X
ISBN-13: 978-2070105922

Le roman retrace l'expérience de dix années de Jean Macquart à Rognes, le monde rural de la Beauce. L'intrigue principale tourne autour des luttes internes de la famille Fouan à partir du moment où le vieux Fouard décide de partager sa terre et de la distribuer à ses enfants : Jésus-Christ et sa fille la Trouille, Fanny et son mari Delhomme, Buteau qui épouse sa propre cousine Lise pourvue avec sa soeur Françoise, d'un héritage conséquent.
Le viel homme se trouve alors tour à tour chassé de chez Fanny parce qu'il n'est pas assez propre, de chez Buteau car il est un témoin gênant des multiples tentatives de viol sur Françoise et de chez Jésus-Christ en raison de ses craintes à propos la Trouille qui cherche à lui voler ses titres.
Revenu chez Buteau, il assiste au viol de Françoise alors mariée à Jean et à son meurtre avant d'être lui-même étouffé par le couple.
Jean, à qui Françoise a refusé de laisser son héritage, est contraint de quitter le village pour s'engager à nouveau dans l'armée, puisqu'il reste le dernier témoin des crimes du couple.
On peut noter aussi d'autres histoires parallèles : la "maison" tenue à Chartres par M. Charles, sa fille puis sa petite-fille, les querelles entre l'abbé du village voisin et les habitants de Rognes, l'histoire de Hourdequin et de la Cognette.
Les principales critiques émises lors de la publication en 1887 semblent fondées : les paysans présentés sont des stéréotypes entièrement négatifs, avares, ingrats, violents, ignorants, rustres et bestiaux. La narration est ponctuée de viols, de beuveries et de pets, spécialité de Jésus-Christ. La scène du repas de mariage de Buteau (p. 525) est très proche de la fête de Gervaise dans L'Assomoir.
Cependant, il faut retenir les longues descriptions assez bien inspirées des champs de la Beauce, des personnifications de la terre, un bref discours anarchiste de l'instituteur Lequeu (p. 766).

mardi 12 mai 2009

Résurrection, Tolstoï, 1899.

Poche: 643 pages
Editeur : Gallimard (3 juin 1994)
Collection : Folio

ISBN-10:
2070389421
ISBN-13: 978-2070389421

Roman achevé en 1899, Résurrection étonne de prime abord par son intrigue qui concerne des personnages populaires, humbles, très éloignés des grandes figures décrites dans Anna Karénine ou dans Guerre et Paix. C'est peut-être son grand roman le moins connu en France et pourtant il présente beaucoup d'intérêt. En effet, Tolstoï se permet des critiques marquées du tsarisme, de la société russe et surtout des conditions de vie dans les bagnes et dans les lieux de déportation.
L'intrigue est simple. Nékhlioudov, un jeune prince, reconnait au cours d'un procès dont il est juré, une femme humble, Katioucha, qu'il avait séduite du temps où elle travaillait chez ses tantes et qu'il avait abandonnée. Il apprend alors qu'elle dût se faire avorter et qu'elle sombra rapidement dans la misère et la prostitution. Lors du procès la concernant, une erreur est commise et elle se retrouve condamnée au bagne pour un crime dont elle est innocente.
Se sentant doublement coupable, Nékhlioudov multiplie les démarches pour la souver, lui rend visite à chaque étape de la déportation et constate l'étendue de la misère, la souffrance des forças et des "politiques". Il est prêt à se sacrifier et à épouser Katioucha afin de réparer son erreur, mais celle-ci refuse son sacrifice au moment où le jugement est finalement cassé.
L'épilogue est bref (trois pages): le prince comprend alors la signification des Evangiles. L'homme ne peut faire que le mal sur terre, s'il cherche simplement son bonheur. Le but de son existence consiste en fait à obéir aux commandements de son seul maître: Dieu.

L'édition Folio signale entre crochets tous les passages censurés à la première publication du roman.
Dans le chapitre XXI dans le troisième partie, un vagabond expose un rapport au monde et à la transcendance qui passerait presque pour une profession de foi anarchiste. Cet épisode a été directement inspiré par une lettre d'André Laptev (qui peut être lue dans le dossier aux pages 626 et suivantes).
Le volume comprend de nombreuses descriptions pathétiques de la vie au bagne, ainsi que des dénonciations du pouvoir en place, de la corruption des fonctionnaires.